"Tu es juif et tu ne sais pas conduire une porsche ?"
GANGSTERDAM de Romain Lévy
Enfant,
Harry est tombé amoureux d'une princesse vue dans un film. Obsédé par
cette image, il rêve de l'amour avec un grand A. Jeune homme amoureux,
il vivra l'humiliation à cause d'une acné plus que repoussante. Adulte,
désabusé et noyé dans l'alcool, il ne rencontrera cet Amour qu'à travers
une relation avec un cadavre qu'il vient de voler (la même actrice
incarne la princesse et la morte, la boucle est bouclée).
Pour
donner une unité à ce triptyque retraçant 3 moments clés de la vie d'un
homme (la fin de l'innocence / l'espoir bafoué / l'Amour), le
réalisateur intègre quelques fils conducteurs. Chaque segment contient
en effet une scène clé se déroulant dans une voiture et une où le héros
se retrouve allongé sur une femme (une femme saoule / la
"marie-couche-toi-là" de service / le cadavre dérobé). Le personnage
principal est également systématiquement accompagné d'un ami (Stan, un
plus grand lui expliquant (mal) les choses du sexe / Jeff, un ami lui
voulant du bien / Bill, un compagnon de beuverie fraîchement sorti de
prison).
Un
savant fou cherche à propager une épidémie afin d'anéantir les
Etats-Unis. Pour parvenir à ses fins, il poursuit ses expériences sur
des cobayes non volontaires qui, une fois le virus inoculé, se
transforment en monstres assoiffés de chair fraîche. Rien ne se passe
comme prévu et un cobaye porteur du virus s'enfuit. A quelques
encablures de là, un groupe de métal, les Mushroomhead, donne un concert
et une bande de fêtards (les sempiternels jeunes qui vont se faire
trucider les uns après les autres) s'en paie une tranche…
Lors
d'une intervention, deux policiers découvrent dans une maison une femme
les yeux arrachées, très vite les coups de haches fusent, l'un meurt,
l'autre perd un bras mais à le temps de tirer sur son agresseur... Quatre ans
plus tard, ce flic s'occupe de jeunes délinquants et les accompagne
dans un vieil hôtel désaffecté qu'ils doivent nettoyer pour diminuer leur peine...
Agressé
alors qu'il rentre de l'église, Otto se retrouve tétraplégique et ne
peut plus communiquer qu'en clignant des yeux. Quelques années plus
tard, sa femme, lasse de la vie qu'elle mène, boit comme un trou et
ramène des hommes chez eux. Prisonnier de son fauteuil, Otto est
contraint de passer ses journées devant la télé attendant que madame
daigne changer sa perfusion et faire sa toilette. Alice, leur fille,
décide de revenir à la maison pour s'occuper de son père. Alors qu'un
semblant d'ordre paraît revenir, trois voyous débarquent, violent et
massacrent les deux femmes sous les yeux d'Otto, impuissant...